On octobre 15, 2015

Taxes foncières « Halte au matraquage »

Les propriétaires ont vu leur taxe foncière augmenter deux fois et demie plus vite que l’inflation lors des cinq dernières années. Certains départements battent des records avec des hausses dépassant les 40 %.

« On ne peut plus matraquer les propriétaires. » L’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) tire la sonnette d’alarme dans son enquête annuelle publiée hier. Malgré un ralentissement observé ces cinq dernières années, la taxe foncière sur le bâti a encore augmenté en France entre 2009 et 2014, de 16,42 % en moyenne, avec de grands écarts, tant entre les villes qu’entre les départements.

Photo julio pelaez

De fortes disparités

« 16, 42 %, c’est trop, ça devient insupportable. C’est une menace sur l’emploi, sur l’offre locative, sur le pouvoir d’achat » , peste Jean Perrin, le président de l’UNPI. Si cette nouvelle hausse reste inférieure à celles des périodes précédentes de 2007-2012 (21,17 %) et 2008-2013 (21,26 %), elle inclut une période électorale – les municipales de 2014 – où la fiscalité a tendance à stagner.

La part départementale payée par les contribuables a d’ailleurs évolué plus vite que celle des communes : + 17,45 % sur cinq ans. À titre de comparaison, l’inflation s’établit sur la période à 7,2 %.

L’enquête de l’UNPI révèle aussi la moyenne des taux cumulés de taxe foncière (bloc communal + bloc départemental), qui s’élève à 36,90 %. « Cela représente environ 2,2 mois de loyer par an qui partent en taxe foncière. Pour les propriétaires qui habitent dans leur logement, ça pourrait faire des dégâts », craint le président de l’UNPI.

Part départementale : +13,62 % dans le 67

Outre la période 2009-2014, l’UNPI a dévoilé des chiffres provisoires pour 2015. Cette année, seulement onze départements français ont modifié leur taux. Deux d’entre eux se distinguent avec une taxe foncière largement revue à la hausse : le Var (+19,50 % sur un an) et le Bas-Rhin (+13,62 %).

À l’échelle communale, la modération constatée en 2014 n’a pas été suivie d’effets. Dix-sept des 50 plus grandes villes de France ont augmenté leur taux de taxe foncière en 2015, soit deux fois plus que l’an dernier. La hausse moyenne dans ces 50 villes s’élève à 2,2 % cette année, un chiffre qui a presque doublé par rapport à 2013 et 2014. « Ces mauvais résultats nous font craindre le pire. On plaide pour qu’il y ait un système de blocage des taux. Sinon, les bailleurs vont se décourager. Pour les occupants, les impôts vont devenir insurmontables et les candidats à l’accession à la propriété vont se faire de moins en moins nombreux » , estime Jean Perrin, pour qui « l’immobilier est en train de se casser la figure ». C’est pourquoi l’UNPI appelle tous les propriétaires à descendre dans la rue pour une grande manifestation, le 17 novembre à Paris.

Article de L’Alsace du 15 octobre 2015 par B.M.

  • By CR  0 Comments   

    0 Comments